15 avril 2009

Vers le Sud

Nous repassons par Salta une journée et repartons le lendemain, direction le sud de la région.
Cette fois-ci, nous louons en voiture, accompagnées par Marie-Louise et Julie, deux irlandaises rencontrées à l'hôtel au détour d'un petit-déjeuner. C'est le jour de la Saint Patrick, le patron des irlandais. Du coup, les filles ont enfilé des vêtements verts et nous ont offert des colliers aux couleurs de leur drapeau. Blondes et délurées, nous avons choisi les voyageuses les moins discrètes du pays. Mais ont leur pardonne, parce qu'elles sont très amusantes. Fière de leurs origines, dès qu'elles voient un trèfle sur un panneau, elles le prennent en photo.
Peut-être devrais-je faire pareil avec les coqs … ?

Etape du soir : Cafayate et ses vignes. Nous décollons vers 10h et commençons par longer un lac immense, bordé de forêts. Petit à petit la route traverse des gorges cernées par des montagnes d'un rouge profond. Ces montagnes se font plus grandes et en quelques kilomètres nous voici au coeur d'un canyon rougoeyant. Seuls quelques buissons épars donnent des touches vertes, ici ou là.


Nous nous arrêtons dans “La gorge du diable”,
grand creux naturel logé dans la roche.
Nous constatons qu'escalader les rochers en tongs est un exercice périlleux et repartons sur les routes tortueuses de la région. Chaque sortie de virage est l'occasion de découvrir un nouveau paysage. Tout change en un rien de temps et nous passons des vallons rouges du canyon à d'immenses plaines d'herbes sèches, en quelques kilomètres à peine. Comme si nous venions de traverser trois pays en un après-midi....

A défaut de pub irlandais, le soir, nous fêtons la Saint Patrick dans un grand bar vide de San Carlos, petit village tranquille. Le patron me montre les photos de ses enfants puis le certificat d'immigration de son grand-père italien, qu'il a encadré et accroché au mur. Ici, beaucoup d'argentins sont descendants d'immigrants européens. Quelques empanadas, une pizza et de grandes bouteilles de bière locale dans le ventre, nous honorons dignement le Saint patron...
Le lendemain, on nous avait prévenues : la route pour Catchi n'est pas de tout repos. Ah bon ? Effectivement, après cinq kilomètres le bitume laisse la place aux cailloux et à la poussière. C'est une piste étroite que nous suivons donc pendant des heures et des heures. Sur le bord de la route, des hameaux de quelques maisons, une école, une église, une station service qui ne doit pas servir souvent.

On s'arrête devant une école et je discute avec l'instituteur. Ici, pas de téléphone. Enfin si, une fois par semaine, quand il se rend le dimanche à San Carlos, à une demi-heure de voiture...
Les enfants sont partis manger et je visite les lieux : une salle de classe avec une dizaine de tables serrées les unes contre les autres, l'emploi du temps de la semaine affiché au mur, un four à pain derrière le batîment et des caisses d'oignons dans la cour, pour rappeler que les habitants de la région le cultivent massivement. Je resterais bien plusieurs jours dans ce hameau perdu, juste à écouter les cours du professeur, écrire, dormir, discuter...
Mais mes camarades m'attendent et le “road trip” continue. Nous reprenons la route. Sans nous en rendre compte, nous prenons de l'altitude et l'horizon se fait de plus en plus lointain. Je commence à percevoir l'image que j'avais jusque-là de l'Argentine : des paysages à perte de vue,
parsemés d'herbes de la Pampa, sous un ciel bleu-gris sombre.
La route n'en finit plus et nous entrons dans Catchi juste avant la tombée de la nuit. Nous venons de faire une soixantaine de kilomètres en plus de cinq heures...
Catchi est un joli village perché à plus de 3 000 m. Lors de notre passage, nous assistons à la fête patronale, avec feux, danses et chants traditionnels et défilés de “Gauchos” sur leurs chevaux. A notre habitude, nous fêtons comme il se doit le Saint patron de la ville, avec quelques gorgées de bière du coin.

Pour le retour sur Salta, nous partions persuadées que l'on avait vu le plus époustouflant la veille Et bien non. Tantôt bitumée, tantôt caillouteuse, la route se fait désormais ligne droite au coeur d'étendues immenses, ponctuées de cactus et de panneaux “attention lamas”.
Puis nous redescendons au fur et à mesure de nos hauteurs en zigzaguant sur un chemin de cailloux, traversé par de petits cours d'eau. Et l'on se dit que l'on aurait peut-être dû louer une voiture avec des pneus tous-terrains...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

photos tres chouettes! enfin je ne suis pas sur de la qualite artisitique de celle de tes pieds, mais c'est certainnement une de mes preferees! continue..j'attends les etapes suivantes!

Bises
manue