11 avril 2009

Vers le Nord

Avec Véro, nous décidons de quitter deux jours Salta, pour nous rendre dans le nord de la Province. Il paraît que là-haut, la couleur des roches est incroyable. Ou plutôt les couleurs : rouge, vert, jaune, orangé,... Des routes que le bus emprunte aux petits villages de Pumamarca et de Tilcara, la montagne arbore une palette étonnante. Comme des coups de pinceaux donnés ça et là sans raisons apparentes, juste par hasard. On a l'impression que si on gratte encore un peu, la roche va laisser découvrir d'autre teintes étonnantes, inattendues.



Après cette variété de couleurs, nous sommes tentées
par un peu de blanc.
Celui des “Salinas Grandes”.
Une vaste plaine recouverte de sel, perchée à plus de
3 000 m d'altitude. Sauf que c'est à une heure de voiture et qu'il n'y a pas de bus pour s' y rendre. Peu farouches, nous commençons à lever le pouce à la sortie d'un village. Au bout de quelques essais infructueux à l'ombre d'un arbre, notre charme - renforcé par un bronzage naissant - agit enfin. Un gros camion s'arrête et nous ouvre sa porte. A l'intérieur, un homme et une femme, récupérés eux aussi quelques mètres en amont. Au volant, Gustavio notre chauffeur. Coup de chance, il va justement aux Salinas. Il part tous les jours ramasser du sel là-haut, qu'il ramène ensuite en ville. Au bout d'une heure et demi de lacets montagneux, nous arrivons sur une grande route en ligne droite. De chaque côté, du blanc à n'en plus finir. Juste du sel. Que je goûte. C'est un peu plus concentré que la salière de table...


Toutes ces étendues me font perdre le sens des distances et des proportions. On ne sait plus si les montagnes sont près ou loin, si elles sont grandes ou petites. La chaleur du soleil est atténuée par l'air frais de l'altitude. Seule ombre dans les parages, celle de deux maisons construites en briques de sel. L'idée me traverse d'en ramener un exemplaire à mon oncle Bruno, pour son Musée du Bâtiment. Mais j'ai un doute quant à la discrétion de mon entreprise et me contente de quelques photos...


Une heure d'observations et d'expérimentations plus tard, Gustavio a fini de charger son camion. Il klaxonne deux fois et nous remontons dans la cabine, tandis qu'à l'arrière les bennes sont pleines de sel.
Dix heures. C'est le temps que Gustavio met pour faire le trajet aller-retour, six jours sur sept. Nous refaisons donc le chemin dans l'autre sens, à 20 km/h. Nous avons tout le temps de voir défiler une route toujours aussi sineuse. Vertigineuse, même. On discute, tout en regardant la pente et les virages qui nous attendent. On distingue parfois une ou deux maisons isolées au loin, au milieu de nulle part. Puis on aperçoit soudain une femme, qui descend la montagne à pied. On ne sait ni d'où elle vient, ni où elle va. Pas de maisons à l'horizon. Elle a l'air de connaître son chemin et dévale les pentes presque en courant. La trouver ainsi dans ce vaste espace perdu me ramène tout à coup à une autre réalité...


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les photos sont toutes super. Celle de la fille assise sur le sel est la plus belle bien sûr et on peut enfin juger de la qualité de la coiffeuse.