Changement de décor. Nous partons pour Salta, dans le Nord, et prenons conscience de l'immensité du pays. Départ à 19h, arrivée le lendemain à 13h, soit 18H de bus. Et dans ce laps de temps, on ne traverse même pas le moitié du pays ! L'Argentine n'en finit pas. Mais ce trajet est surtout l'occasion de découvrir le confort des bus argentins. Quand je parle de confort, je suis on ne peut plus sérieuse. Car en comparaison, la SNCF n'a qu'à bien se tenir. Pour nos longues heures de transport, nous avons tout d'abord le choix entre couchette ou semi-couchette. Nous optons pour ces dernières, ce qui nous vaut des sièges larges, moelleux, ultra-inclinables avec repose-pieds intégré.
Mais le mieux, c'est notre accompagnateur, Fernando. Dès le début du voyage il se présente et présente le trajet, tel un stewart dans un avion. Il manque juste les consignes, en cas de crash. Ensuite, il nous apporte des petits coussins, un verre d'eau, un plateau-repas et prend soin de mettre en route un film, diffusé ensuite sur les quatre télévisions du bus. Nous voici donc avec notre repas sur les genoux, devant une production musclée de Luc Besson qui se déroule à Marseille. Pas très dépaysant. Quelques bagarres et coups de feux plus tard, Fernando ramasse les repas et passe le balai dans l'allée du bus. Il est parfait, cet homme. Sauf que Fernando, il a des notions de secourisme un peu limitées. En voulant poser un sac au-dessus de ma tête, je me suis brûlée la main sur un néon. Et quand je viens le voir avec un index écarlate et ayant doublé de volume, il ne sait pas trop quoi faire. Finalement, je lui suggère un peu de glace tandis qu'un un voisin de bus me tend une crème grasse sentant le camphre, une sorte de “baume du Tigre” fabriquée en Bolivie. Je me tartine et mets la glace par-dessus. Le lendemain au réveil : plus rien ! Depuis, j'ai acheté un pot de cette crème magique, qui ne me quitte plus.

Au lever du jour, il nous reste encore quelques heures de bus et au lieu de mettre un film, Fernando nous propose un bingo. Il distribue les grilles de numéros à chacun et commence à citer les numéros. Parfait exercice pour travailler mon espagnol. Sauf que je n'aurai pas la joie de crier “bingo !” en espagnol (prononcer “Bingooooooooo", à la façon des présentateurs de foot argentins”), une jeune fille ayant remporté la partie avec de belles longueurs d'avance. Mince. Sur ce, nous prenons le petit-déjeuner et Fernando repasse le balai. Nous arrivons en début d'après-midi à Salta et filons à la recherche d'un hôtel. Car même si ces bus sont très confortables, une petite douche ne serait pas de refus...
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