8 mai 2009
Comment ça, en retard ?
3 000 kilomètres et les températures ont baissé d'une bonne vingtaine de degrès. D'accord, mon blog n'est pas à jour. Mais c'est pour la bonne cause.
Cette interface étant trop compliquée à gérer et ne me permettant pas de mettre assez de photos, j'ai donc décidé de changer d'hébergeur.
Nouveau blog, nouvelle adresse : http://www.anneenbalade.canalblog.com/
D'accord c'est toujours pas à jour. Mais ça vous fera patienter un peu...
19 avril 2009
Cordoba
J'avais quelques réticences, je l'avoue, à venir dans cette ville. C'est la deuxième du pays et je craignais de me voir étouffer par l'agitation, la pollution, le traffice, le bruit. Mais c'était sans compter sur l'accueil chaleureux d'Alexandra et de sa famille. Alexandra est une collègue de ma soeur. D'origine argentine, elle vit à Paris et retourne plusieurs fois par an voir sa famille à Cordoba. Sa venue tombait parfaitement avec notre arrivée dans la ville. Alexandra est un concentré de vie et de bonne humeur. une belle personne.Nous avons été accueillies à bras ouverts chez
ses parents. Ils vivent dans un bel appartement en plein centre.
Et nous voici avec une chambre et une salle de bains qui nous font oublier pour quelques jours les joies des dortoirs. Les draps ne grattent pas, personnes pour claquer les portes à 6h du matin, pas de ronfleurs,... Un peu gênées par tant de gentillesse, nous avions l'impression d'être chez nous...
Nous avons découvert une ville vivante, pétillante, étudiante. Nous sommes allées au musée, avons beaucoup marché, bu un café dans la faculté de droit, assisté à la manifestation du 24 avril (merci Amélie pour la rectification...) , commémorant le dernier coup d'Etat.
Puis nous avons été invitées à l'anniversaire de la mère d'Alexandra, dont je tairai l'âge car elle n'aime pas le donner. Je dirais juste qu'elle fait comme ma grand-mère et se rajeunit coquettement de deux ans... La fête avait lieu chez le frère d'Alexandra. Il vit dans une grande maison, au coeur d' un quartier résidentiel. Golf privé, vastes jardins, piscines, et gardien à l'entrée, il faut présenter sa carte pour pénétrer dans la zone. Une autre Argentine que celle que nous avons vue jusque-là. Celle de la classe moyenne, nous explique Alexandra.
Après le déjeuner nous sommes parties en compagnie des neveux et nièces d'Alexandra au musée de Che Guevara, afin de réveiller nos instincts révolutionnaires enfouis. Dans une salle, je me suis longuement arrêtée devant une carte retraçant le parcours des deux longs voyages que le Che a effectué en mobylette, dans sa jeunesse. Et là, j'ai pu constater que j'étais en train de suivre la même route que lui. Il ne me reste donc plus qu'à
18 avril 2009
Les douanes dans le nez
Au cours du voyage, les douanes nous font descendre du bus afin de fouiller nos sacs. Nous ne sommes pas loin de la frontière bolivienne, ils cherchent probablement de la drogue. Pour ma part, la seule substance douteuse qu'ils pourraient trouver seraient mes pastilles Vichy... Un douanier commence donc à fouiner dans mes affaires et me demande :
- " Vous venez d'où ?
- De France
- Vous allez où ?
- A Cordoba
- Seule ?
- Non, avec une amie.
Il me regarde, puis tourne la tête un instant vers Véronique, contrôlée juste à côté de moi.
- Ah... Elles sont très jolies, les françaises. Elles sont toutes comme vous ?! ”.
Si tous les contrôles étaient aussi simples...
15 avril 2009
Vers le Sud
Nous repassons par Salta une journée et repartons le lendemain, direction le sud de la région.Cette fois-ci, nous louons en voiture, accompagnées par Marie-Louise et Julie, deux irlandaises rencontrées à l'hôtel au détour d'un petit-déjeuner. C'est le jour de la Saint Patrick, le patron des irlandais. Du coup, les filles ont enfilé des vêtements verts et nous ont offert des colliers aux couleurs de leur drapeau. Blondes et délurées, nous avons choisi les voyageuses les moins discrètes du pays. Mais ont leur pardonne, parce qu'elles sont très amusantes. Fière de leurs origines, dès qu'elles voient un trèfle sur un panneau, elles le prennent en photo. Peut-être devrais-je faire pareil avec les coqs … ?
Etape du soir : Cafayate et ses vignes. Nous décollons vers 10h et commençons par longer un lac immense, bordé de forêts. Petit à petit la route traverse des gorges cernées par des montagnes d'un rouge profond. Ces montagnes se font plus grandes et en quelques kilomètres nous voici au coeur d'un canyon rougoeyant. Seuls quelques buissons épars donnent des touches vertes, ici ou là.
A défaut de pub irlandais, le soir, nous fêtons la Saint Patrick dans un grand bar vide de San Carlos, petit village tranquille. Le patron me montre les photos de ses enfants puis le certificat d'immigration de son grand-père italien, qu'il a encadré et accroché au mur. Ici, beaucoup d'argentins sont descendants d'immigrants européens. Quelques empanadas, une pizza et de grandes bouteilles de bière locale dans le ventre, nous honorons dignement le Saint patron...

On s'arrête devant une école et je discute avec l'instituteur. Ici, pas de téléphone. Enfin si, une fois par semaine, quand il se rend le dimanche à San Carlos, à une demi-heure de voiture...
Ca y est, j'ai la marque des tongs !
11 avril 2009
Vers le Nord
Avec Véro, nous décidons de quitter deux jours Salta, pour nous rendre dans le nord de la Province. Il paraît que là-haut, la couleur des roches est incroyable. Ou plutôt les couleurs : rouge, vert, jaune, orangé,... Des routes que le bus emprunte aux petits villages de Pumamarca et de Tilcara, la montagne arbore une palette étonnante. Comme des coups de pinceaux donnés ça et là sans raisons apparentes, juste par hasard. On a l'impression que si on gratte encore un peu, la roche va laisser découvrir d'autre teintes étonnantes, inattendues. 


Après cette variété de couleurs, nous sommes tentées
par un peu de blanc.
Celui des “Salinas Grandes”.
Une vaste plaine recouverte de sel, perchée à plus de
3 000 m d'altitude. Sauf que c'est à une heure de voiture et qu'il n'y a pas de bus pour s' y rendre. Peu farouches, nous commençons à lever le pouce à la sortie d'un village. Au bout de quelques essais infructueux à l'ombre d'un arbre, notre charme - renforcé par un bronzage naissant - agit enfin. Un gros camion s'arrête et nous ouvre sa porte. A l'intérieur, un homme et une femme, récupérés eux aussi quelques mètres en amont. Au volant, Gustavio notre chauffeur. Coup de chance, il va justement aux Salinas. Il part tous les jours ramasser du sel là-haut, qu'il ramène ensuite en ville. Au bout d'une heure et demi de lacets montagneux, nous arrivons sur une grande route en ligne droite. De chaque côté, du blanc à n'en plus finir. Juste du sel. Que je goûte. C'est un peu plus concentré que la salière de table...

Toutes ces étendues me font perdre le sens des distances et des proportions. On ne sait plus si les montagnes sont près ou loin, si elles sont grandes ou petites. La chaleur du soleil est atténuée par l'air frais de l'altitude. Seule ombre dans les parages, celle de deux maisons construites en briques de sel. L'idée me traverse d'en ramener un exemplaire à mon oncle Bruno, pour son Musée du Bâtiment. Mais j'ai un doute quant à la discrétion de mon entreprise et me contente de quelques photos...

Une heure d'observations et d'expérimentations plus tard, Gustavio a fini de charger son camion. Il klaxonne deux fois et nous remontons dans la cabine, tandis qu'à l'arrière les bennes sont pleines de sel.
Dix heures. C'est le temps que Gustavio met pour faire le trajet aller-retour, six jours sur sept. Nous refaisons donc le chemin dans l'autre sens, à 20 km/h. Nous avons tout le temps de voir défiler une route toujours aussi sineuse. Vertigineuse, même. On discute, tout en regardant la pente et les virages qui nous attendent. On distingue parfois une ou deux maisons isolées au loin, au milieu de nulle part. Puis on aperçoit soudain une femme, qui descend la montagne à pied. On ne sait ni d'où elle vient, ni où elle va. Pas de maisons à l'horizon. Elle a l'air de connaître son chemin et dévale les pentes presque en courant. La trouver ainsi dans ce vaste espace perdu me ramène tout à coup à une autre réalité...










